Frédérique Pichard

— Les rencontres de Françoise Lemarchand —

Frédérique
Pichard

« À chaque fois que je suis avec les dauphins et les baleines, je me promets de garder ce ressenti – cet état de paix - et d’en faire profiter les autres. Car si nous sommes nombreux à être dans cette conscience-là, c’est un cadeau pour la Terre ! »
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Avant-propos

La première fois que j’ai entendu Frédérique Pichard parler de sa relation avec les dauphins, j’ai pensé qu’elle devait être un peu fêlée. Mais étant convaincue que « c’est à travers les fêlés que passe la lumière », j’ai désiré la connaître !
J’ai découvert une chercheuse, passionnée par le monde des énergies. Sa ténacité et son enthousiasme contagieux l’ont amenée à créer l’Institut Dony, une association ayant pour but d’étudier et de protéger les dauphins, de favoriser les liens humains/dauphins et de se relier à l’énergie créatrice qu’ils nous renvoient.
Je rêve de participer un jour à l’un des ateliers‑voyages qu’elle organise : plonger avec elle aux Açores à la rencontre de ces messagers !
En attendant, c’est chez elle à Fouras que je la retrouve pour un moment béni où nous relions nos énergies face à la mer !

Quelle est cette quête que tu mènes, ce désir de comprendre le lien entre les humains et les animaux, en particulier les dauphins ?

C’est une quête de l’unité qui apporte la paix intérieure. Quand on retrouve l’unité en soi, une grande sérénité s’installe et il n’y a plus de peurs. Tout ce que l’on fait, part d’une histoire personnelle. Moi, ma blessure c’était l’abandon. Même si ma famille m’a donné beaucoup d’amour, j’avais la nostalgie du paradis perdu. Ce sont les dauphins qui m’ont guérie en me faisant comprendre que la séparation était une illusion, une croyance humaine. Ce que j’aime lorsque j’accompagne des personnes à la rencontre des dauphins, c’est qu’elles comprennent qu’il n’y a pas de séparation. D’autres animaux, comme mes chats, m’ont aidée aussi. J’ai perçu avec eux non pas au niveau mental, mais dans mes cellules, que tout était relié. Une reliance invisible, dont parle aujourd’hui la physique quantique. À force de vivre ces rencontres avec les baleines et les dauphins – qui sont dans une conscience très aboutie parce qu’ils sont là depuis soixante millions d’années – j’ai su qu’ils avaient réussi à créer entre eux des liens de solidarité et d’entraide.

Parle-moi de ce que les dauphins t’apportent.

Je ne peux pas dire comment ça se passe, mais il y a vraiment quelque chose qui se passe. C’est une connexion, une ouverture du cœur. Le dauphin est un compagnon de l’amour inconditionnel. Auprès de lui, je me sens aimée, reconnue telle que je suis, sans aucun jugement. Cet amour qui est en moi, il me le renvoie. Les chevaux aussi ouvrent le cœur, mais avec le dauphin, la connexion au cœur et la lecture de l’âme sont immédiates. Les scientifiques disent qu’ils sont de véritables scanners de la matière. Les dauphins savent comment aider une femme qui va accoucher, ils le sentent grâce à leur système d’écholocation qui leur permet de se diriger dans l’océan, comme les bateaux avec leur sonar. Ils ont donc cette capacité physique à ressentir nos émotions. Un jour, lors d’un voyage que j’organisais, une baleine que l’on n’avait pas vue depuis des années est venue apaiser une femme qui ne cessait de pleurer. Les cétacés nous aident au niveau des émotions et de la conscience. Je pense que, quand on est dans l’eau avec eux, nos cellules, qui sont faites d’eau, sont connectées. Nous sommes des mammifères marins, nous passons neuf mois dans le liquide amniotique qui est le même que celui de la mer et notre corps est constitué de 65% d’eau. Nous sommes en quelque sorte des frères et sœurs. Cette mémoire de l’océan est inscrite au plus profond de nos cellules.

Quelle est ton histoire avec le dauphin Dony ?

J’ai rencontré Dony la première fois, il y a 11 ans à Royan. J’avais été prévenue par une patiente qu’un dauphin libre et sauvage trainait dans les parages. Je l’ai retrouvé avec ma fille en mer et nous sommes allées nager avec lui. C’était incroyable, il m’a traînée tout doucement dans l’eau pour me montrer ce qu’était le passage de la mort. J’ai compris que mes peurs inconscientes étaient liées à l’inconnu. Alors que l’inconnu est un merveilleux cadeau ! Toutes mes rencontres avec Dony sont là pour me faire comprendre mes peurs.

« Le dauphin est un véritable maître parce qu’il t’amène à la liberté. Nous faisons partie de la nature et elle nous enseigne tout, il faut juste être en état de réceptivité. »

Tu es un passeur, mais qui sont ceux qui t’ont initiée ?

Je suis plutôt une passerelle ! Avant d’être liée aux dauphins, j’ai connu Monsieur Dorval, un vieil homme qui était guérisseur à Libourne. Il a soigné à distance un de mes enfants qui a failli mourir à cause d’infections rénales quand il avait deux ans. Ça a été pour moi un choc de la conscience ! Par la suite, je suis allée le voir et j’ai vécu une véritable histoire d’amour avec lui. C’était mon père spirituel. Il m’a révélé mon potentiel, ce que j’avais à offrir pour soigner les gens. Je peux dire que j’ai rencontré un homme qui était l’équivalent des dauphins. Il incarnait l’altruisme, le don inconditionnel, le pur amour. Il ouvrait sa porte et c’était la joie ! J’ai rencontré Dony un mois après sa mort, comme s’il prenait le relais de ce maître.
Mes enfants ont aussi été des maîtres pour moi. Mon fils n’aurait pas eu de problèmes de santé, je ne serais pas devenue naturopathe et relaxologue. Dony m’a appris que notre maître intérieur, c’est nous‑mêmes. Le potentiel est en nous, il s’agit de « se mettre en état », d’accepter d’honorer le trésor qui est en nous. Le dauphin est un véritable maître parce qu’il t’amène à la liberté. Nous faisons partie de la nature et elle nous enseigne tout, il faut juste être en état de réceptivité. C’est en ressentant cette unité que je me suis sentie guérie, unifiée avec tout le vivant. Il suffit que je pense à quelque chose et cela se manifeste. Mais l’unité sera complètement atteinte quand je serai dans un état de paix totale où l’émotion ne sera plus. Un état de neutralité, de vacuité... Il y a encore du travail !

Comment parvenir à cet état de vacuité ?

Je le vis quand je rencontre Mère Meera, une femme hindoue qui vit en Allemagne et qui fait le même travail qu’Amma, une Indienne elle aussi, qui prend les gens dans ses bras pour leur délivrer un message d’amour. La première fois, c’était comme si j’avais eu des branchements électriques à l’intérieur de moi. Il y a juste la lumière qui passe en elle, dans le silence. Tu t’agenouilles, elle pose ses mains sur ta tête et c’est comme avec Dony : la puissance du regard, le darshan (qui signifie « vision du divin »). Son regard, c’est l’océan, c’est l’état d’infini, la tranquillité absolue, la totale absence d’ego, comme quand tu es en état de conscience modifiée. À la fin du darshan, elle envoie un souffle de paix à l’humanité [Frédérique souffle]. C’est un souffle divin, comme celui de la baleine. Mère Meera reçoit deux cents personnes en deux heures, donc le darshan ne dure que quelques secondes. Je vais la voir une fois par an, le jour de mon anniversaire. Parfois je n’ai pas d’attente particulière, parfois j’ai une demande concrète. La dernière fois que je l’ai vue, je lui ai demandé ce qu’était l’état de paix. Il m’est alors arrivé quelque chose de bizarre : j’étais dans un état de surélévation, au‑dessus de mon corps et je n’avais plus d’émotions. Un ami m’a dit que c’était cela l’état de vacuité, un état où l’on ne sent plus rien.

Tu fais donc une analogie avec les dauphins.

Oui, parce que, de plus en plus souvent, les dauphins m’envoient des bulles de lumière avec de l’or à l’intérieur. Ceux qui m’accompagnent les voient aussi. C’est cela qui importe : la descente de la lumière qui nourrit, élargit, éveille les consciences et ouvre les cœurs. Je suis de plus en plus capable de recevoir, et les dauphins me montrent que l’on est pure lumière. Mais ce que l’on reçoit, il s’agit de l’intégrer. Alors si à la fin de ma vie j’ai intégré ce que Dony m’a donné, ce sera bien. Le message d’amour qu’il me transmet, je dois l’incarner.

Es-tu toujours en état de paix ?

En tout cas, à chaque fois que je suis avec les dauphins et les baleines, je me promets de garder ce ressenti et d’en faire profiter les autres. Car si nous sommes nombreux à être dans cette conscience‑là, c’est un cadeau pour la Terre ! Mon obsession, c’est « l’obligation de conscience », comme disait Yvan Amar. Je serai sereine et paisible quand je sentirai que ce que mon âme aspire à transmettre – cette passerelle entre les dauphins et les humains – sera accompli. Mais il faut faire attention à ce que l’on dit, ça peut‑être l’égo qui parle et croit qu’il a une mission importante à accomplir. Pourtant, cette image de la baleine qui m’accompagne tout le temps me le dit : la paix existe.
Il m’arrive bien sûr de ne pas être en paix ! La vie nous teste. Quand une énergie guerrière m’atteint, je tente tout pour rester dans l’amour inconditionnel. Mais j’en vois les limites. C’est une illusion de croire que l’amour peut tout transformer. La religion nous dit : « Aime ton prochain comme toi‑même, d’abord l’autre, toi après. » Mais, en réalité, si tu as de l’amour pour toi, tu peux mieux aimer les autres. L’amour est une protection. L’important face à celui qui est en colère, par exemple, c’est de rester dans sa détermination de justesse, de ne pas être en réactivité. Car tu t’abîmes si tu es en colère. Nos pensées et nos émotions ont un impact sur tout.

« On reconnaît de plus en plus aujourd’hui la valeur de l’intelligence intuitive et sensorielle. »

Comment vois-tu le monde évoluer ?

Je pense que ce sont toutes les eaux des humains et de la terre qui basculeront ensemble pour que l’on puisse avancer. La responsabilité dont parlent tant les dauphins et les baleines, c’est la responsabilité de cette unité, cette vastitude qui est en nous, qui agit sur tout. Je suis mon propre gardien, je ne dois pas nourrir la négativité, même quand elle touche ma progéniture. Cette progéniture, ce sont mes enfants, mais c’est aussi toute la Terre.

Quel message aimerais-tu faire passer à des jeunes ?

Suivez votre intuition ! C’est un cadeau qui est donné à tout le monde, qui nous relie à l’univers. N’oublions pas le cerveau droit qui s’atrophie à cause de l’éducation que l’on reçoit à l’école. Il faut le cultiver car il est créatif. À chaque fois que je m’écarte de mon intuition, je fais des erreurs fondamentales. On reconnaît de plus en plus aujourd’hui la valeur de l’intelligence intuitive et sensorielle. Il faut écouter les signes de son corps et de son cœur. C’est un guide, un vrai pendule !